La création en 6 jours?

Le passage de la Genèse décrivant la création du monde est interprété de plusieurs façons. Certains comprennent un jour, un soir, un jour de 24 heures. D’autres entendent un jour, un soir, un étape ou une période. On s’attache souvent la forme, la lettre, oubliant que cette attitude peut en éloigner plusieurs de la Bible . Dans «Il faut beaucoup de foi pour être athée », Ralph Shallis présente une façon originale de lire le texte biblique de la création. Shallis s’attache au texte et au sens.

Le texte de la création

“ Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le premier jour. Dieu dit: Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux. Et Dieu fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue. Et cela fut ainsi. Dieu appela l’étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le second jour. Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi. Dieu appela le sec terre, et il appela l’amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l’herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le troisième jour. Dieu dit: Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel, pour séparer le jour d’avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années; et qu’ils servent de luminaires dans l’étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider la nuit; il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça dans l’étendue du ciel, pour éclairer la terre, pour présider au jour et la nuit, et pour séparer la lumière d’avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le quatrième jour. Dieu dit: Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel. Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit, en disant: Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers; et que les oiseaux multiplient sur la terre. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le cinquième jour. Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi. Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit: Faisons l’homme notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme son image, il le créa l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. Et tout animal de la terre, tout oiseau du ciel, et tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi. Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour. Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée. Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu’il avait faite: et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu’il avait créée en la faisant.”
(Genèse 1:1-2:3, traduction Louis-Segond)

On trouve six fois répété dans le texte l’expression « Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le xejour« .

Voici comment Ralph Shallis traduit littéralement cette phrase : «Et y eut (ou : il est survenu) [un] soir et il y eut (ou : il est survenu) [un] matin : «jour un »… «jour deux »… «jour trois »… et ainsi de suite».

Le passage suivant est tiré du livre de Ralph Shallis:
Il faut beaucoup de foi pour être athée

publié aux éditions Farel.

Les «six jours » de la Genèse

«Ces quelques mots hébreux ont laissé perplexes les plus grands penseurs de tous les siècles. Les difficultés ont pourtant surgi parce qu’on a voulu rattacher la phrase au texte précédent de manière forcer le sens. On lui a généralement attribué, il faut l’admettre, un interprétation arbitraire comme si elle entendait : «Voil ce que Dieu a créé en ce premier jour ». Pourtant l’expression par elle même ne signifie rien de la sorte. Elle indique simplement l’intervention, un moment donné, d’un jour composé d’un soir et d’un matin, sans en préciser la raison.

En général, les gens pensent encore aujourd’hui que la Bible enseigne la création de l’univers «en six jours»; certains vont plus loin, en ajoutant arbitrairement au mot «jour » le qualificatif sous-entendu : «de 24 heures », qui n’est pas dans le texte. Autrement dit, ils affirment que, selon la Bible, le cosmos entier (ou au moins la terre) aurait été créé littéralement en 144 heures… Après quoi, le créateur aurait eu besoin de se reposer pendant 24 heures, le «septième jour »! Beaucoup supposent, en outre, que la Genèse fixe la date de création de l’univers une époque récente de six ou, au plus, de dix mille ans.

La Genèse n’affirme pas non plus que la création de l’univers et même de la terre ait eu lieu il y a quelques milliers d’années seulement. Au contraire, elle précise que les cieux et la terre avaient déj été créés «au commencement» (v. 1 ), avant les événements qui commencent partir du deuxième verset.

Des jours géologiques ?

Parce que le mot «jour», dans la Bible, a plusieurs significations, y compris le sens d’une longue période indéterminée, bien des savants en se penchant sur le texte ont cru voir dans les «six jours» une correspondance avec les six grandes périodes géologiques de notre planète.

Effectivement, il existe une correspondance indiscutable entre les deux schémas. De nombreux scientifiques chrétiens du XIXe comme de notre XXe siècle, anglophones surtout, en ont été convaincus; je possède plusieurs de leurs écrits, des volumes infiniment précieux. Ces livres m’ont beaucoup aidé en particulier au cours de ma jeunesse, formuler des idées précises sur la Genèse.

En fait, le mot «jour »dans la Bible a plusieurs sens. Le plus souvent, il signifie un jour «ordinaire »qui peut toutefois être soit de 12 heures, soit de 24 heures. Il peut cependant se référer une longue période d’une durée indéterminée et même infinie. Les prophètes d’Israël parlaient constamment du «jour du Seigneur »qui comprend la notion de la fin des temps aussi bien que celle de la vie éternelle qui caractérisera le royaume de Dieu. Ils parlaient également du «jour » de la colère de Dieu, du «jour»du jugement, du «jour»de la détresse, et ainsi de suite. Dans ce même livre de la Genèse, ch. 2 v.4, le texte original hébreu parle du «jour» de la création, où Dieu fit les cieux et la terre. Ce «jour» n’est plus un jour ordinaire, puisqu’il couvre la totalité des 6 jours en question et même peut-être toute l’époque de la création, y compris celle de la création originelle des cieux.

Nous voyons donc que nous ne sommes pas nécessairement tenus de voir les «jours de la création comme des jours ordinaires. Le terme est suffisamment étendu pour admettre plus d’une interprétation et nous ne pouvons pas en vouloir ceux qui insistent sur l’interprétation des six jours de la Genèse comme étant de très longues périodes préhistoriques.

D’ailleurs, les auteurs de la Bible sont les premiers reconnaître qu’aux yeux du Créateur le temps peut avoir une valeur tout autre que pour nous. Moïse, dans un poème grandiose s’adresse ainsi Dieu : «Car mille ans sont, tes yeux, Comme le jour d’hier, quand il n’est plus, Et comme une veille de la nuit..» (Psaumes 90:4 )

Pierre, l’apôtre de Jésus-Christ, dit dans son dernier écrit : «Vous ne devez pas ignorer que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour.» (2 Pierre 3 :7-12)

Il parle ensuite du « jour de Dieu » où les cieux embrasés se fondront et la terre sera consumée.

Il est évident que pour les hommes qui ont écrit les différents livres composant la Bible la notion du temps est très développée ; ils reconnaissaient que la manière dont le Créateur conçoit le temps peut dépasser de loin les limitations qui s’imposent nos expériences actuelles.

En abordant la question tellement contestée de la signification des six jours de la Genèse, gardons au moins l’esprit ouvert et cherchons auprès du Créateur lui-même une explication du langage qu’il emploie. Car lui-même dit : «Mes pensées ne sont pas vos pensées… Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées…» (Ésaïe 55 :.9)

Ainsi, le scientifique qui examine ce merveilleux chapitre premier de la Genèse n’a peut-être pas tort quand il trace une comparaison entre les ères géologiques successives et les «jours» 1 de la création. Il y a sûrement des trésors de connaissance tirer de cette contemplation.

Et pourtant! Tout en reconnaissant la véritable harmonie qui existe entre le schéma géologique et la progression des «six jours» de la Genèse, je propose mon lecteur une explication de ces «jours» qui me paraît bien plus satisfaisante.

L’ explication des «six jours .

Aucun homme, je le répète, n’aurait pu inventer le contenu du premier chapitre de la Genèse. Il n’y a vraiment qu’une seule manière d’expliquer le phénomène de son existence: c’est de conclure que Dieu l’a directement révélé un homme. Mais qui, sinon au tout premier homme, Adam ?

Pourtant, comment Dieu pouvait-il révéler une intelligence simplement humaine -et cela au début de l’histoire et avant le développement d’un vocabulaire complexe -la vaste conception du processus divin de la création, sinon avec un langage très simple et par «chapitres», c’est- -dire par des étapes consécutives ? Quel homme aurait pu assimiler une connaissance aussi étendue en une seule fois ? C’est ici que nous voyons la véritable raison des six jours de la Genèse. Chaque jour commence par cette parole: «Dieu dit»… et ensuite il y a un soir et un matin.

Ne pouvons-nous pas comprendre cette parole comme étant la voix de l’Éternel qui communique l’homme les vérités essentielles concernant ses origines ? Dieu parle, l’homme écoute. L’homme apprend ainsi connaître, par une série de révélations, les vérités qu’il n’aurait pas connues autrement: il sait maintenant que Dieu existe et qu’il est le créateur du cosmos et de l’homme lui-même. Il est éclairé quant ses propres origines; il comprend déj sa raison d’être.

Il semble évident que Dieu ait décrit ou démontré l’homme les processus de la création jour après jour {pendant les six jours) et que, la nuit venue, il ait dû arrêter pour que l’homme se repose jusqu’au lendemain où il recevrait la prochaine révélation ou «parole».

Le fait que chaque révélation se termine par l’expression : «Et il y eut un soir et il y eut un matin»semble indiquer que l’homme Adam, après avoir entendu et compris la parole du Créateur, se soit endormi. Il est même possible qu’il ait vu pendant la nuit, sous la forme d’une vision, en spectacle panoramique, un aspect ou une étape importante de l’œuvre créatrice de Dieu. Puis le matin, l’homme s’est réveillé.

C’est comme si Adam nous redisait chaque fois: «Le soir est venu et je me suis endormi; puis il a fait jour et je me suis réveillé. Ensuite Dieu a recommencé parler. Dieu dit… et ce jour-l j’ai compris une nouvelle série de merveilles concernant «la création que j’ai pu méditer jusqu’au soir.»

Par le deuxième chapitre de la Genèse nous apprenons que Dieu s’entretenait souvent avec l’homme. Celui-ci, dès sa création et avant qu’il ne détourne son oreille, connaissait un dialogue quotidien avec son créateur. Nous ne savons pas en quoi consistaient ces «conversations», les détails précieux en ont été perdus; la race humaine, son désavantage, n’a pas voulu les retenir dans son souvenir; mais quoi de plus normal que de voir dans les révélations des «six jours»un fruit précieux, l’un des rares qui nous soit parvenu de ces entretiens primitivement accordés par Dieu sa créature ?

Nous savons, cependant, que Dieu a appris l’homme l’agriculture {ch. 2 v. 15), lui a inculqué un sens moral {ch. 2 v. 16, 17), lui a confié les animaux {ch. 2 v. 19), lui a enseigné la pratique d’un vocabulaire {ch. 1 :5, 8, 10 et ch. 2 v. 20), et lui a fait comprendre finalement son besoin de la femme (ch. 2 v.18, 21-25) et le sens du mariage.

A propos de ce « dialogue « , il est intéressant de noter le fait que c’est le Créateur lui-même qui a appris l’homme les noms h « jour », « nuit », « ciel », « terre », « mers ».’ De cette relation d’intimité entre le Créateur et sa créature est née et s’est développée la faculté de la parole qui a donné l’homme son premier langage. Le fait que le premier chapitre de la Genèse soit , exprimé en un vocabulaire très simple n’est pas une raison pour le mépriser; au contraire, ce même vocabulaire est en lui-même un véritable miracle! La structure littéraire de ce récit émerveille la fois les hommes de science et de lettres.

Si donc l’Éternel se rapprochait ainsi de ce premier homme, en maintenant un dialogue constant avec lui pendant ces temps extraordinaires de son existence primitive lorsqu’il découvrait r les merveilles du monde qui l’entouraient, quoi de plus raisonnable que d’en conclure qu’il lui a parlé également pendant les six jours du premier chapitre? Car qui, sinon Dieu lui-même, aurait pu communiquer l’homme des idées semblables?

Nous ne savons pas sous quelle forme ces merveilleuses révélations sont parvenues l’homme. Nous savons seulement qu’il en a saisi le sens et nous l’a transmis sous un aspect que nous aussi, nous pouvons comprendre: c’est une parole divine devenue accessible chaque être humain.

La parole de Dieu dans ce document originel est donc la fois un acte de création et de révélation. Par la Bible nous comprenons que tout ce qui existe a été créé par la parole de Dieu. «Les cieux ont été faits par la parole de l’Éternel. Car il dit et la chose arrive ; Il ordonne et elle existe » (Psaume 33 : 6,9)

«Toutes choses ont été faites par elle (la parole) et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle » (Jean 1 :.2)

Ainsi la parole de Dieu est la puissance créatrice qui est l’origine de tout ce qui existe. Cette même parole de Dieu devient également le moyen par lequel le Créateur se révèle l’être humain.

Cela reste vrai même après la chute de l’homme, car, dans le chapitre 3 de la Genèse, nous voyons que Dieu, la tombée de la nuit, est venu chercher l’homme après sa faillite et lui a de nouveau parlé en condamnant son péché et en lui communiquant l’espoir d’un Sauveur qui le réconcilierait avec son Créateur.

La Bible tout entière n’est en somme que la prolongation de cette parole divine, par laquelle le Créateur cherche rétablir le dialogue avec nous et nous faire comprendre l’énormité de notre faute, le danger infini auquel nous sommes confrontés et l’unique moyen de retrouver le ciel de sa face: par son Fils, crucifié et ressuscité.

Le septième jour

Venons-en l’énigme du « septième jour » de la Genèse. A la fin du document de la création, le texte ajoute : « Dieu acheva le septième jour son oeuvre qu’il avait faite ; et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son oeuvre ».

Ainsi, le texte termine avec l’affirmation que, le septième jour, Dieu « se reposa de toute son oeuvre» (Genèse ch. 2 v. 1-4, version Segond). C’est pourquoi il « bénit » et « sanctifia » le septième jour.

Certains supposent que la Bible enseigne que Dieu avait besoin d’une journée entière de repos après son œuvre de création ! Mais, dans ce cas-l , ne faudrait-il pas conclure que, du fait que les six jours précédents furent subdivisés en soirs et matins, Dieu avait dû également se reposer chaque nuit avant de reprendre son œuvre le lendemain ? Un tel raisonnement est absurde; il est la négation de la conception biblique du Créateur.

« Ne le sais-tu pas ? Ne l’as-tu pas appris ? C’est le Dieu d’éternité, l’Éternel, Qui a créé les extrémités de la terre ; Il ne se fatigue point, il ne se lasse point ; On ne peut sonder son intelligence » (Esaïe 40:28)

Penser que l’Éternel a besoin, comme un homme, d’une nuit après chaque jour ou d’un jour sur sept pour se remettre de ses efforts, c’est se faire une piètre idée de celui qui est absolu dans son caractère, comme s’il était contraint par les limitations de sa propre création. «Devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour ». Le Créateur, étant l’Éternel, est situé en dehors de l’espace et du temps qui appartiennent la création. Il se définit par l’appellation: « Je suis celui qui suis », ou bien: « Celui qui s’appelle: Je suis ».

Einstein, avec sa théorie de la relativité, a bien confirmé qu’en dehors de la matière et de l’univers, le temps et l’espace n’existent pas. Ils sont des grandeurs relatives, liées entre elles et dépendant de l’état de la matière. Ainsi, le «big bang » qui serait l’origine de l’univers doit être situé dans l’éternité.

Pourquoi alors Dieu a-t-il sanctifié le septième jour en l’appelant le sabbat ?

C’est Jésus-Christ qui résout cette énigme pour nous; car il nous apprend que «le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat Il.3 Le sabbat n’a pas été fait pour Dieu ; car Dieu n’en a pas besoin; étant lui-même la source de toute énergie, de toute vie, il existe en lui-même, indépendamment de la matière, du temps et de l’espace. Il a institué le sabbat au contraire pour l’homme, pour que l’homme puisse se reposer.

Comment donc expliquer ce « repos»de Dieu ? Le verbe hébreu schâbath que Segond et presque toutes les versions traduisent dans ce contexte «se reposa»ne signifie pas nécessairement le repos. Il signifie essentiellement, comme dans la version TOB : arrêter, cesser. Ainsi, nous pouvons mieux traduire cette phrase:  » Le septième jour Dieu cessa ou arrêta son oeuvre».

De même, lorsque l’auteur de la remarquable Epître aux Hébreux, dans le Nouveau Testament (la deuxième partie de la Bible), parle du « repos» de Dieu en ôtant ce passage de la Genèse, il emploie le verbe grec katapayô qui signifie: faire cesser, désister, arrêter. Le substantif katapaysis signifie « repos » dans le sens d’un arrêt de travail. Le mot français » pause » vient de la même racine: paysis ( ou: pausis ) en grec signifie justement une pause ou un arrêt: katapaysis contient la même idée mais puissamment renforcée. C’est une expression qui contient certes la notion du repos, mais sa conception de base est celle d’un arrêt.

Ainsi, que ce soit par l’hébreu de la Genèse ou le grec du Nouveau Testament, la Bible présente une idée cohérente du sens du septième jour de la création. Le Créateur nous apprend qu’il a simplement arrêté « son oeuvre» ; c’est- -dire : il a cessé de faire ce qu’il avait fait pendant la semaine. La question se pose alors : que faisait Dieu en réalité pendant les six jours ?

En regardant de plus près le texte dans sa langue originale, nous découvrons un point intéressant: la traduction « oeuvre» dans ce passage ne fait pas ressortir toute la signification du substantif me/’âkhâh.

Ce mot ne comporte en hébreu aucune notion de « création ».II est traduit de plusieurs manières dans la Bible; il peut signifier : ministère, service, travail, affaires, occupations, acquisitions, richesses, propriété, et même « bétail » !

Ce terme dérive de la racine verbale./â’akh qui signifie essentiellement :  » envoyer » et aussi: « servir ». De cette même racine vient le mot masculin ma/’âkh, qui signifie littéralement : « un envoyé, un messager » et qui est partout traduit dans la Bible par le français « ange ». Ce terme dérive de la racine verbale./â’akh qui signifie essentiellement :  » envoyer » et aussi: « servir ». De cette même racine vient le mot masculin ma/’âkh, qui signifie littéralement : « un envoyé, un messager » et qui est partout traduit dans la Bible par le français « ange ».

L’auteur de ce texte avait le choix entre plusieurs mots hébreux signifiant « oeuvre» , mais il a trouvé bon d’employer précisément la forme féminine, mel’âkhâh de ce même mot pour décrire l’activité du Créateur pendant les « six jours » de la ..Genèse. La forme plurielle de ce terme, mal’akhôth, ressemble de très près (au point d’être écrit selon l’orthographe primitive exactement de la même manière) la forme mal’âkhouth qui, elle, signifie « message » ou « ordre » et surtout un message venant de Dieu. Il me semble que la meilleure façon de traduire ici ce terme si riche en signification serait par le mot français: occupations. Nous pourrions alors retraduire la phrase entière de cette manière : septième jour, Dieu cessa ses occupations ».

Et, puisque l’idée du «message » se trouve la racine même l du mot ainsi que dans ses dérivés, ne pourrions-nous pas comprendre la phrase de la façon suivante : «Le septième jour, Dieu cessa (ou: termina) son message » ? Quelles étaient en effet les occupations du Créateur pendant les six jours antérieurs, sinon la transmission sa créature du message fondamental concernant ses origines ? Par sa parole le Créateur lui révélait que les cieux et la terre, comme l’homme lui-même, avaient été créés et formés par cette même parole. L’apôtre Jean, l’ami le plus intime de Jésus-Christ, s’exprime ainsi : «Au commencement était la parole». L’homme, au début de son existence, a été confronté cette parole: Dieu voulait lui faire comprendre que pour l’espèce humaine la Parole de Dieu est l’alpha et l’oméga de son existence.

Aucun doute, les six matins (ou six soirs) de révélations spirituelles intenses que l’homme a connues devaient sûrement être une grosse épreuve pour lui sur le plan physique comme sur le plan moral. Je pense qu’il a trouvé l’expérience bouleversante. Il avait certainement besoin de quelques heures de repos après chaque révélation et, la fin de la série, d’une journée entière, ne serait-ce que pour méditer ce qu’il avait entendu (et peut-être aussi vu). Dieu a arrêté de parler, non parce que lui-même était fatigué, mais cause de J’homme qui ne pouvait certainement pas assimiler davantage de connaissances ce moment-l . Le créateur a reconnu le besoin de sa créature et lui a accordé le temps de se remettre de sa fatigue. comme le dit Jésus-Christ, Dieu a fait le sabbat pour l’homme. Il sait que notre métabolisme a besoin de se recycler chaque semaine; il sait également que nous avons besoin de temps mis part pour réfléchir sur sa Parole.

C’est ainsi que l’homme a appris, dès ses origines, mettre part un jour sur sept pour autre chose que ses occupations quotidiennes. Heureux le peuple qui retient ce principe! (‘est grâce cette première page de la Genèse que nous jouissons aujourd’hui, au moins ici en Occident, de notre jour de repos hebdomadaire! Voyez-vous, ce chapitre de la Genèse n’est pas une vieille histoire rébarbative et sans importance. Il détermine le rythme de notre vie actuelle. Que ferions-nous sans notre dimanche ?

Ah! merci, Seigneur Dieu !

Un texte parallèle de Moïse

Comme nous l’avons remarqué, c’est Moïse qui a conservé et nous a transmis ce merveilleux document de la Genèse contenant les « dix paroles» de la création. [Dans le texte, nous lisons dix fois l’expression: Dieu dit… ] C’est également grâce Moïse que nous possédons les « dix paroles» du décalogue, les commandements prononcés par l’Éternel lui-même au mont Sinaï.[ Le terme. décalogue. signifie: .les dix paroles .. ] Le commandement concernant le sabbat y est accompagné d’une citation en abrégé du texte de la Genèse (ch. 2 v. l 4) que nousvenons d’examiner.

« Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre, la mer , et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour: c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié ». (Exode 20 :11)

A première vue, ces quelques lignes semblent contredire l’explication que je viens de donner, comme si Dieu avait créé le cosmos entier en six jours ordinaires. Pourtant, une étude plus sérieuse révèle qu’il n’y a aucun conflit entre ce texte et celui de la Genèse.

Notons en premier lieu que le verbe «créer»(en hébreu bârâ) ne s’y trouve pas. Il n’est pas dit que Dieu ait créé les cieux et la terre en six jours.

Au contraire, il s’agit du verbe hébreu ‘assâh. Or, nous avons vu que ce dernier peut être traduit de manières très diverses. Il a généralement le sens du verbe français  » faire»; mais, comme tout le monde le sait,  » faire  » veut dire beaucoup de choses et pas nécessairement «créer». Le mot ‘assâh en lui-même ne signifie pas créer. Je rappelle mon lecteur que l’on peut le traduire par: faire, former, façonner, travailler, préparer, apprêter (un repas etc.), placer, établir, désigner, montrer, faire voir, témoigner (de la bienveillance etc.)… Il suffit de donner quelques exemples de l’emploi du verbe ‘assâh :

-Dans Genèse chapitre 18 verset 8, nous lisons qu’Abraham plaça devant Dieu et les deux anges qui lui sont apparus « la crème, le lait, avec le veau qu’on avait apprêté (c’est- -dire qu’il avait fait cuire) »… Or, personne ne prétendra qu’Abraham avait «créé» le veau! Le veau existait bien avant qu’il ne le mette devant ses invités: il l’a simplement fait préparer.

-Dans Genèse chapitre 27 verset 17, il est écrit que Rébecca confia Jacob « le mets et le pain qu’elle avait préparés » pour Isaac. Elle ne les a pas créés !

-Dans Genèse chapitre 19 verset 19, Lot parla l’ange en ces termes: « Tu as montré la grandeur de ta miséricorde mon égard ».

-Puis, dans le livre des Juges chapitre 6 verset 17, Gédéon dit (littéralement) : «Montre-moi un signe que tu parles avec moi.»

Si dans ces passages le verbe ‘assâh signifie «préparer »,»désigner », «montrer », pourquoi ne le traduirions-nous pas de la même façon dans le texte de l’Exode ?

«Car six jours (c’est- -dire : pendant six jours: la préposition «en » des versions courantes n’est pas dans l’original) l’Éternel.« prépara » ou. «désigna » ou. «montra» (‘assâh) les cieux, la terre, la mer et tout ce qui y est contenu et il a cessé (ou: il s’est tu -hébreu: nouach) le septième jour».

Il est noter que le verbe hébreu nouach que les versions traduisent ici par: «se reposer» signifie également «cesser, arrêter ». Dans 1 Samuel 25:9 il signifie littéralement «se taire, cesser de parler » ; il y est traduit textuellement: «ils se turent ». De même, ici, il serait légitime de penser que le Créateur, après avoir parlé pendant six jours, se soit ensuite tu. Et si l’Éternel, tout en parlant avec l’homme, lui a fait aussi voir, peut-être en vision pendant la nuit, la manière dont il avait créé et formé le monde, ne serait-il pas tout fait naturel sa créature d’exprimer, en un langage simple, ce qu’il a vu ? [Le vocabulaire des premiers hommes était nécessairement restreint. Au cours des générations, le vocabulaire s’est développé en complexité comme l’heure actuelle..] On dirait que la parole de l’Éternel avait permis Adam de saisir le processus de la création, comme s’il y avait assisté en spectateur. Il serait donc parfaitement compréhensible qu’il décrive la création comme une série d’actes de la part de Dieu. En disant que Dieu a  » fait  » en six jours les cieux et la terre, l’homme répète simplement les vérités qu’il a comprises pendant cette semaine extraordinaire et retenues par la suite.

Ainsi, ce texte bref, qui semblait première vue contrer notre argumentation, nous donne en fait raison. L’Éternel, pendant les 6 jours et nuits en question a pu montrer ou révéler Adam pria parole la vérité sur ses origines, puis il s’est tu. Quoi de plus normal?

Conclusion sur les «six jours»

Je ne prétends pas que l’explication que j’ai donnée des « six jours»de la Genèse ne présente aucune difficulté exégétique ou scientifique; mais elle me semble conforme la pensée de Dieu la fois dans sa Parole écrite et dans sa création. Elle me paraît digne de la sagesse divine et de loin la meilleure manière de comprendre ce document si manifestement inspiré par le Créateur. J’espère et je crois que Dieu nous permettra de voir beaucoup plus clair mesure que notre connaissance de lui-même et de ses ouvrages s’approfondira. Comme je l’ai déj dit, le Créateur a en fait écrit deux livres: celui de la création et celui que nous appelons la Bible. C’est par la Bible que nous parvenons .interpréter correctement le livre de la nature. Ce dernier a été, hélas! abîmé par la main du grand ennemi; mais, grâce la lumière de la Bible, nous pouvons tout de même déchiffrer la pensée originelle de Dieu dans sa création. Nous lisons, pour ainsi dire, dans notre main droite sa révélation écrite dans la Bible et, dans notre main gauche, celle qu’il a inscrite dans la création naturelle. En les comparant, je suis confiant qu’il nous reste découvrir des merveilles insoupçonnées.

Je demande mon Créateur de faire rayonner sa lumière sur mon modeste ouvrage de manière en corriger et effacer les imperfections et de confirmer et développer ce qu’il peut contenir de vrai. »

Ce livre présente une approche originale, fraîche. À lire!

Shallis, Ralph. Il faut beaucoup de foi pour être athée. Fontenay-sous-Bois : Farel, 1983, 151 pages.

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